FNM 1 - Le paradoxe du réflexe rotulienIl est communément convenu que le réflexe rotulien est la conséquence du réflexe myotatique provoqué par l’étirement du fuseau neuromusculaire. Il est également admis que son action est d’exciter le muscle agoniste (au sein duquel se trouve le fuseau neuromusculaire étiré) et d’inhiber le muscle antagoniste. En théorie, dans le cas du réflexe rotulien, la percussion du tendon rotulien est censée étirer à distance les fuseaux neuromusculaires se trouvant au sein du quadriceps. Alors ceux-ci excitent par boucle reflexe le quadriceps qui se contracte de façon irrépressible et provoque l’élévation de la jambe. L’étirement des fuseaux neuromusculaires provoquant également l’inhibition des muscles antagonistes que sont les ischios jambiers. C’est ce que l’on appelle l’innervation réciproque. Or, en pratique lors de la percussion du tendon rotulien : -Il y a contraction du quadriceps (muscle agoniste). -Il n’y a pas inhibition des ischios jambiers (muscles antagonistes). En effet si nous fléchissons le genou de façon statique lors de l’expérience, la percussion du tendon rotulien n’inhibe pas cette flexion. Ce qui est en contradiction avec la théorie classique. Nous constatons également que : -Plus la percussion s’éloigne du tendon rotulien en allant vers le corps musculaire et moins la réponse (contraction du quadriceps) est importante. Pourtant le récepteur mis en jeu se trouve en théorie dans le corps musculaire et non dans le tendon. -Le fait de relever la rotule afin de créer une tension préalable du tendon augmente la réponse à la percussion alors que, dans ce cas de figure, le corps musculaire est détendu. -Le fait d’abaisser la rotule n’augmente pas la réponse à la percussion, alors que dans ce cas, le corps musculaire est préalablement mis en tension. -Le fuseau neuro musculaire donne également des branches ascendantes et descendantes censées exciter les muscles sus et sous jacents du même groupe musculaire (fléchisseur pour fléchisseur, extenseur pour extenseur) et même exciter les muscles de l'autre membre (un bras pour un bras, une jambe pour une jambe). Mais lors de la percussion du tendon rotulien nous n'observons aucune réaction de la sorte, pas plus d'ajustement postural que de réaction de défense. La théorie admise actuellement ne correspond pas à la réalité des faits. Notons qu'il existe un autre type d’innervation réciproque (dite innervation réciproque inversée). Elle est produite par les récepteurs des organes de Golgi qui sont situés dans les tendons des muscles et sont intimement liés à quelques fibres musculaires qui s’y attachent. L’action de ces récepteurs est d’exciter les muscles antagonistes et d’inhiber les muscles agonistes. Une autre question est posée. La percussion du tendon rotulien devrait stimuler de façon prioritaire les récepteurs s’y trouvant, et plus précisément les organes de Golgi. Mais dans ce cas nous aurions une contraction des antagonistes (les ischios jambiers) et inhibition des agonistes (les quadriceps). Nous sommes donc amené à penser que le récepteur nerveux à l’origine du réflexe provoquant la contraction du quadriceps se trouve dans le tendon, que son action contracte les agonistes de façon irrépressible sans inhiber les antagonistes pour autant. Ii s’agit sans doute d'une des caractéristiques des organes de Golgi ou bien des récepteurs articulaires et que cette activité n’a aujourd’hui, pas été mise en lumière. On peut donc légitimement en déduire que, sur le plan locomoteur, le réflexe myotatique n’existe pas. |
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