Physiologie des médecines énergétiques

Les rythmes de la MMP (Motilité Musculaire Permanente) sont sensibles à plusieurs types d’influences extérieures. Cela nous a permis de mettre en place quelques tests adéquats et d’amorcer les explications de l’influence des médecines dites énergétiques.

Les facteurs influençant la MMP

La chaleur, moxibution
Elle ralentit le rythme de la MMP de façon systématique.
Elle a un effet relaxant, mais favorise les tendinites.
Le tonus musculaire local diminue.

Le froid
Il augmente le rythme de la MMP de façon systématique.
Il a un effet draineur par accélération vasculaire locale et lymphatique.
Le tonus musculaire local augmente.

L’électromagnétisme
Le pôle sud d’un aimant :
Ralentit la MMP au niveau des membres.
L’augmente au niveau du tronc.
Le pôle nord d’un aimant :
Augmente la MMP au niveau des membres.
Le ralentit au niveau du tronc.

Les aiguilles d’acupuncture
Leurs orientations et leurs situations sont capitales. Elles agissent même posées en dehors des « points d’acupuncture ».
Sur la face antérieure du bras :
Orientées vers l’épaule, elles augmentent le rythme de la MMP.
Sur la face antérieure du bras :
Orientées vers la main, elles diminuent le rythme de la MMP.
Sur la face postérieure du bras :
Orientées vers l’épaule, elles diminuent le rythme de la MMP.
Sur la face postérieure du bras :
Orientées vers la main, elles augmentent le rythme de la MMP.

Les pressions manuelles Shiatsu

Appliquées sur des fibres musculaires :
• les pressions rapides augmentent le rythme de la MMP,
• les pressions lentes diminuent le rythme de la MMP,
• les éléments pouvant être sensible à ces modifications énergétiques.

Par déduction, nous proposons les cellules réceptrices des fuseaux neuromusculaires.
Plus précisément leurs pompes actives transmembranaires. En effet celles-ci sont sensibles aux modifications de tensions mécaniques (shiatsu), aux modifications de température (moxas), aux modifications de potentiels électriques (aimants, aiguilles). Les fuseaux neuromusculaires ayant pour tâche de contrôler la pression intramusculaire par l’intermédiaire du tonus musculaire et d’y maintenir une certaine homéostasie. La modification du seuil de sensibilité de ces récepteurs déclenchant une contraction plus ou moins rapide des fibres oxydatives lentes.
Bien sûr nous en sommes au stade des hypothèses, mais cette abstraction est la plus cohérente que nous connaissons à ce jour.
Comment la modification de ces seuils de sensibilité peut-elle provoquer un symptôme?

Tout d’abord :
La diminution du rythme de la MMP provoque :
• une diminution du tonus musculaire,
• une diminution locale de la circulation veineuse,
• une diminution locale du drainage de la lymphe,
• une sensibilité accrue aux tendinites.

L’augmentation du rythme de la MMP provoque :
• une augmentation du tonus musculaire,
• une augmentation de la circulation sanguine locale,
• une diminution de l’amplitude de la MMP,
• une sensibilité accrue aux contractures.

La voie mécanique

Pour le champ squelettique
L’augmentation ou la diminution du tonus musculaire modifie la statique du sujet. Les déséquilibres qui en résultent sont des vecteurs favorisant l’apparition de symptômes. Un déséquilibre mécanique peut entraîner une augmentation de pression au niveau d’une articulation entraînant, par exemple, douleurs et arthrose.

Pour le champ viscéral
Les mouvements issus de la MMP interviennent dans la fonction viscérale, soit pour le drainage local lymphatique, soit directement en accompagnant la fonction motrice de ceux-ci.
Les viscères abdominaux sont mus de façon permanente par la respiration diaphragmatique. Nous connaissons en ostéopathie l’importance de ces mouvements pour le fonctionnement physiologique de ces viscères. Mais les mouvements associés à la respiration diaphragmatique interviennent également de façon primordiale.
Une perte de mobilité des sacro-iliaques entraîne une diminution de l’amplitude des mouvements des ailes iliaques dans le plan frontal, réduisant ainsi l’amplitude de la mobilité du côlon transverse dans ce même plan et par conséquent une diminution de l’efficacité du transit intestinal.
La restauration ostéopathique de la sacro-iliaque résolvant souvent une perturbation du transit. Notons l’influence des points d’acupuncture de la sacro-iliaque sur l’équilibre du transit intestinal.
Dans cet exemple sur le péristaltisme viscéral l’intervention mécanique du diaphragme est majeure, mais l’implication des mouvements des fascias par la MMP est également primordiale.

La voie vasculaire
La perte de qualité de l’apport vasculaire peut également induire des troubles de fonctionnement au niveau local, par diminution des apports des éléments nécessaires aux besoins locaux (oxygène, protéines, etc). La diminution des rythmes de la MMP peut expliquer de façon cohérente la capacité de l’acupuncture en matière d’anesthésie. En diminuant de façon conséquente la vascularisation d’un territoire, il est possible, en supprimant l’apport d’oxygène aux récepteurs nerveux, de les rendre muets et ainsi de priver le cerveau de toute information locale provoquant ainsi une anesthésie régionale. Il en est de même pour tout autre fonction organique.

La voie lymphatique
Elle est indissociable du système fascial mû par la MMP. Les fascias sont des enveloppes de tissu conjonctif engainant les muscles, os et viscères. Ils assurent leur soutien et ont un rôle hémodynamique majeur permettant à la lymphe de migrer à travers les canaux lymphatiques. Ce système est essentiel dans l’élaboration des défenses immunitaires. En se contractant les muscles, au cours de leur fonction de MMP, mettent les fascias en mouvements les animant alternativement, générant ainsi les pressions et dépressions des voies lymphatiques.
Les perturbations des mouvements des fascias entraîneront une altération de la circulation lymphatique locale, induisant des congestions allant jusqu’à l’œdème.

En conclusion
La mise en évidence de la MMP permettra demain de faire passer les médecines énergétiques du stade empirique au stade scientifique. C’est l’observation, qualité première de toute médecine, qui a permis d’obtenir les résultats que l’on connaît ; c’est la compréhension de ces phénomènes qui demain nous permettra d’aller plus loin encore dans la détermination de la pathologie et dans l’adaptation de nouvelles thérapeutiques. Il y a beaucoup à espérer dans de futures recherches, tant bien pour l’acupuncture que pour l’ostéopathie, ces deux médecines se rapprochent encore une fois…Sans doute ne sera ce pas la dernière.
Bien sûr, d’autres vecteurs, permettant d’expliquer l’efficacité des médecines énergétiques, existent sans aucun doute. La liste décrite ci-dessus n’étant pas exhaustive.

Nous notons aussi que :
• Le fait de vouloir contracter un muscle augmente le rythme de la MMP locale.
• L’ingestion d’éléments divers la font varier également.
• Diverses pathologies l’influencent tout autant.