Le mécanisme crânien

Le crâne, la colonne vertébrale, le sacrum et le coccyx sont mus par une force produisant des mouvements d’inspiration et d’expiration. Pour les ostéopathes, le moteur de ces mécanismes est la production de LCR (Liquide Céphalo-Rachidien) à partir des plexus choroïdes (2 tubes de7cm de long sur 0,5 cm de large).
Les rythmes crâniens fluctuent entre 6 et 15 respirations par minute pour une normale de 12 cycles minute. Le LCR est produit au niveau des plexus choroïdiens qui bordent l’intérieur des cavités ventriculaires des deux ventricules latéraux, il passe dans le troisième ventricule par les trous de Monro, puis du troisième au quatrième ventricule par l’aqueduc de Sylvius et antérieurement vers la citerne pré-protubérantielle, et du quatrième ventricule vers le canal vertébral par le canal de l’épendyme.
Du tronc cérébral, le LCR passe par de petites ouvertures vers l’espace sous arachnoïdien où il rejoint la surface de l’encéphale et de la moelle épinière. Le LCR retourne au système veineux par les villosités arachnoïdiennes et se termine principalement dans le sinus veineux longitudinal. (Figure 11)

Figure 10 : La production de LCR par les plexus choroïdes se fait au moment de la systole cardiaque. Schéma d’après Vander-Sherman (3)

Le LCR continuerait également à travers le nerf périphérique par la voie des « canaux tubulaires » pour atteindre l’espace extracellulaire à l’extrémité de celui-ci (terminaison nerveuse, plaque motrice, etc.)(Marqueurs dans le LCR retrouvé aux extrémités des membres). Cette production résorption de LCR entraîne des mouvements de flexion extension de l’ensemble des os crânien axé principalement autour de l’axe sphéno-basilaire. Par l’intermédiaire du manchon duremérien ces mouvements seront transmis jusqu’au sacrum qui sera mobilisé entre les deux os iliaques.

Figure 11 : Circulation du LCR dans les ventricules. Schéma d’après Vander-Sherman (3)

Le rôle du fascia corporel

« Le fascia corporel est comme un fourreau lamellaire de tissu conjonctif légèrement mobile, continu de la tête au pied. Entre ces lamelles parallèles se trouvent des poches qui contiennent les structures viscérales et somatiques du corps humain.
Si vous gardez cette image à l’esprit, il est clair qu’une perte de mobilité du tissu à un point quelconque du corps peut aider à localiser le processus de maladie qui a causé ce manque de mobilité. D’une façon ou d’une autre, probablement par le système nerveux, ce tissu conjonctif est en mouvement constant, corrélativement au mouvement du rythme crânio-sacré.
Par des connections directes et des attaches osseuses communes, les méninges et le fascia extra-dural correspondent entre-eux et sont interdépendants par rapport à leur mobilité. En conséquence, l’information diagnostique et pronostique qu’on peut obtenir de l’examen de la mobilité ou de la restriction fasciale ne peut être que limitée par l’habileté palpatoire et la connaissance anatomique de l’examinateur. On doit porter l’attention sur la quantité, l’amplitude, la symétrie et la qualité de la mobilité crânio-sacrée, et sur la répercussion à-travers tout le corps.
 »

John Edwin Upledger

Contradictions de la théorie ostéopathique sur le MRP

• La production du LCR par les plexus choroïdes se fait au moment de la systole cardiaque. Nous aurions donc, si le rythme crânien était lié à la production du LCR, une fréquence comparable dans sa périodicité à celle du rythme cardiaque.
• Puissance d’expulsion insuffisante pour amener le LCR au niveau des terminaisons nerveuses (1,5 cm Hg au niveau du capillaire), ou plus simplement encore pour mouvoir le sacrum à distance.
• Le mécanisme purement hydraulique est contredit par les lésions entraînant un mouvement de flexion du sacrum lors d’une extension crânienne.

Figure 12 : Comment dans le cadre d’une théorie hydraulique ou d’une mécanique à transmission duremèrienne, pourrions-nous voir chez certains de nos patients des sacrums en flexion dans le temps d’un occiput en extension ? Schéma d’après Upledger (6)

Nous pouvons donc considérer que les théories actuelles concernant ces différents aspects hémodynamiques ne répondent pas aux questions posées sur la mécanique de retour des fluides (lymphe, sang veineux) vers le cœur. Nous verrons dans les articles suivants pourquoi la masse sanguine veineuse est huit fois plus élevée que le volume artériel, ce qui ne corrobore pas les théories actuelles, et mettrons en place la théorie concernant la Motilité Musculaire Permanente (MMP), la mise en pratique de nouvelles techniques ostéopathique ainsi que la place de l’acupuncture et son rôle dans le fonctionnement du système crânio-sacré et myofascial.

Copyright Teutaros Ostéoconcept © 2004 – Hervé Julien, Jean Louis Gaudron

Bibliographie :
(1) Biomécanique des fluides et des tissus – Michel Y. Jaffrin, Francis Goubel – Editions Masson, Paris 1998
(2) Précis de physiologie – H. Hermann, J.F. Cier – Editions Masson, Paris 1976
(3) Physiologie humaine – A.Vander, J. Sherman, D. Luciano, R. Brière-Chenelière – Mc Graw-Hill, troisième édition 1995
(4) Anatomie Médicale – Keith L. Moore, Arthur F. Dalley – Edition De Boeck Université 2001
(5) Les feuillets d’anatomie – Brizon, J. Castaing – Maloine éditeur, Paris 1953
(6) Thérapie crânio-sacrée – J.E. Upledger – Edition IPCO, Paris 1983